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ÉCRIRE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE D'HAÏTI

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Adresse postale:
Bureau de la Présidence
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Port-au-Prince - Haiti

Communiqués de presse

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Discours du Président de la République, à l'ouverture de la session de travail avec le Club de Madrid.

Déc 21, 2011

Monsieur le Premier Ministre,

Monsieur le Président de la Cour de Cassation,

Honorables Présidents du Parlement haïtien,

Madame, Messieurs les anciens Présidents et Chefs de Gouvernement,

Mesdames, Messieurs les membres du Corps diplomatique et consulaire et représentants des Organisations Internationales,

Mesdames, Messieurs les Représentants des Partis Politiques,

Mesdames, Messieurs les Représentants des Chambres et Associations du secteur privé,

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

Avant tout propos, je me fais l'agréable devoir, au nom du peuple haïtien, de son Gouvernement et en mon nom personnel, de souhaiter la plus cordiale des bienvenues en Haïti à ces illustres représentants de pays amis, qui ont bravé les distances, délaissé leurs lourdes charges respectives afin d'être avec nous aujourd'hui à cette grande rencontre de la famille haïtienne.

Je me dois aussi de prendre le temps de saluer la volonté du prestigieux Club de Madrid - dont la vocation est d'«agir pour la démocratie par le dialogue »- de voir réunis tous les acteurs-clés de la vie nationale autour d'une même table en vue dégager un Consensus politique entre haïtiens. Cette initiative remarquable prouve que vous avez tous bien compris que seules la somme des volontés, la rencontre des idées, les efforts communs, la critique constructive et le respect des libertés dans la tolérance peuvent faire avancer le dialogue et renforcer la démocratie et l'Etat de droit nécessaires à l'avènement d'une société de partage et de responsabilités citoyennes.

Fort de ces évidences, je prends donc un immense plaisir à participer à cet exercice destiné à aménager un espace propice à la réconciliation des haïtiens entre eux et avec leur propre destin.

J'ai promis de changer ce pays lors de la campagne électorale ! Ce processus de changement est aujourd'hui lancé. Avec l'appui du gouvernement, du parlement haïtien, du pouvoir judiciaire, des partis politiques, de la société civile et des partenaires de la communauté internationale, je suis entrain de prendre les initiatives pour que le changement prôné et promis soit traduit et matérialisé dans les foyers, les institutions, les communes, les sections communales, les quartiers et les habitations. Depuis huit mois je me suis engagé sans compter à traduire dans les faits cet idéal car, dans mes contacts quotidiens avec la population, j'ai pu confirmer que le message de celle-ci est clair et net. Partout on me répète : « Prezidan nou vle chanjman e nou prè pou chanjman »

Aujourd'hui je suis venu chercher un nouveau commencement et un nouvel engagement avec toutes les forces vives de la nation qui se fonde sur l'intérêt de la population. Les discours ne peuvent pas répondre aux besoins immenses de la population. Nous avons besoin d'agir vite avec intelligence face aux grands défis nationaux. Nous avons besoin de créer un état de droit, créer des emplois durables, assurer une éducation de qualité à nos enfants, organiser des élections crédibles et démocratiques, trouver le consensus sur la constitution amendée et travailler en vue de trouver un consensus politique sur la gouvernance du pays. Pour ceci, nous devons choisir la voie juste et avoir le courage de dépasser les vieux clichés qui, très souvent, prennent le dessus sur nos engagements vis-à-vis de la population. Travailler ensemble n'est donc pas une alternative, c'est une nécessité, une obligation.

La peur et la méfiance sont mauvaises conseillères quand il s'agit de prendre des décisions difficiles et douloureuses. Mais je vous invite chers compatriotes, honorables parlementaires, membres et leaders des partis politiques, leaders religieux, membres du secteur privé, professeurs et étudiants, organisations paysannes, à revisiter notre histoire en prenant l'exemple de Pétion et Dessalines à l'Arcahaie, en développant l'audace et le génie de Toussaint dans le cadre de la promulgation de la Constitution de 1801 en vue de trouver le consensus politique indispensable pour la stabilité et la relance de l'économie nationale.

Je suis en train d'agir pour donner une nouvelle direction à ce pays et suis déterminé à ce que nous réussissions ensemble. D'ailleurs la cérémonie de ce matin est une preuve palpable et tangible de ma volonté de rechercher le plus petit dénominateur commun qui puisse nous aider à mettre Haïti debout. Je remercie, encore une fois, nos amis du Club de Madrid qui, grâce à de nombreuses missions de bons offices auprès des autorités haïtiennes, ont permis de créer le momentum pour la mise en oeuvre d'un dialogue politique entre les hommes et les femmes de notre pays. Mais je dois aussi féliciter le peuple et les différentes personnalités qui, depuis mon accession au pouvoir, militent pour la paix, la réconciliation nationale et un pacte de bonne gouvernance et de bien vivre ensemble.

Ainsi, je pense que pour répondre et traduire dans les faits cet appel, il doit y avoir un effort soutenu de chacun de nous ici présent pour s'écouter et apprendre l'un de l'autre. Je vous invite donc tous, ici présents, à engager dans un dialogue constructif avec foi, détermination et conviction comme je l'ai fait avec les anciens chefs d'Etat, les églises, les hommes politiques et avec le peuple à travers l'émission « Prezidan ap koute'w » et aussi, comme les membres du Club de Madrid l'ont fait dans leur pays ce qui ont permis à ces derniers de connaitre un développement durable.

Tous les chefs d'Etat et chefs de gouvernement ici présents ont fait l'expérience de la cohabitation, de la réconciliation et de l'entente politique avec des groupes ou des partis dont ils ne partageaient pas forcément la vision. Mais comme je l'ai dit tantôt, ils ont mis en avant les intérêts nationaux ce qui leur a permis de contribuer à l'avancement de leur pays. Messieurs les membres du club de Madrid, soyez assurés que la volonté de changement est désormais irréversible dans ce pays et votre grande contribution apportera ses fruits.

Mes chers compatriotes, l'heure est à l'action. Agissons vite et bien. Gardons cet élan de changement qui a pris naissance lors des dernières élections, dans les rues comme dans les bureaux de vote pour qu'ensemble nous affrontions les difficultés de l'année qui arrive, dans la paix avec nos yeux rivés sur cet avenir qui peut, qui doit être prometteur. Je pense que toutes les conditions sont remplies pour la réussite de ce dialogue. Les objectifs sont clairs, les acteurs sont déterminés, les besoins sont connus et la volonté de s'asseoir ensemble pour trouver un consensus politique est évidente. Le désir de construire la confiance est au rendez vous. Alors, mettons-nous au travail !

Je vous remercie.